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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 10:44

 

 

ETUDE 01 sur le Qi Gong et disciplines associées : Entretien du Docteur Yves Réquéna parue dans la Revue Terre du Ciel

 

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Que doit-on savoir du QI GONG ?

La formule du bateleur de nos foires pourrait faire florès : « L’éprouver c’est le savoir ! » . Comme le Yoga , comme la méditation , le QI GONG est affaire d’expérience . Sa pratique procure d’ailleurs une saveur distincte . C’est comme si on parlait du thé de Ceylan , du thé à la menthe ou du thé de Chine .
Le QI GONG est avant tout un moyen et non pas une fin . Il a des applications médicales , martiales , thérapeutiques et spirituelles .
QI GONG signifie littéralement « maîtriser l’énergie » .
Le QI GONG est composé d’une somme considérable de techniques très judicieuses et d’une grande simplicité . A ma connaissance , il n’y a rien de plus puissant pour transformer un laïc civilisé moyen , et citadin de surcroît , en chamane aux pouvoirs de connaissance des forces de la nature et des forces en soi pour guérir ou muter .
Mais , contrairement à ce que l’on pourrait croire , ceci se passe en douceur , de l’air de rien , innocemment . Il suffit de posséder au départ les bons repères , ne pas s’égarer et aller tout droit . Les gens sentent d’instinct le côté sain , puissant et régénérateur du QI GONG , et c’est pourquoi , actuellement , ils y adhèrent facilement , je dirais naturellement . Vous leur expliquez ce qu’est le QI GONG , ils veulent essayer . Bien sûr , il y a là un phénomène de mode , mais au-delà c’est comme si ces personnes en avait l’intuition .

 

Pourquoi le QI GONG a-t-il tant d’applications médicales ?

Le QI GONG fait partie de la médecine traditionnelle chinoise . On pourrait dire que les exercices qui le composent sont des exercices de réhabilitation énergétique , de rééducation , de régénération de l’énergie .
Le QI GONG est basé sur les mêmes principes que l’acupuncture : l’énergie circule dans le corps de haut en bas , de gauche à droite , de l’intérieur vers l’extérieur , et inversement , en empruntant les méridiens , comme des autoroutes . Si les autoroutes sont encombrées , il y a paralysie de la circulation et maladie.
On peut dire également que chaque organe possède un QI – mot chinois- , une énergie . Ce QI peut être excessif , ou faible , ou épuisé . Par la pratique du QI GONG , on désobstrue les méridiens , on répare les carences , on apaise les excès des organes . Ceci est même vrai s’il s’agit d’un exercice général sans but spécifique .

 

 

 

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Comment ceci fonctionne-t-il ?

La réparation , l’équilibration se font surtout pendant les exercices en mouvement . Comme il s’agiut de mouvements lents , sans jamais d’arrêt ou presque , rythmés par la respiration , l’énergie est rendue fluide et s’harmonise dans sa circulation . Afin que le résultat atteigne le maximum d’effets , , il suffit que le mental reste calme , détendu – ce qui est très difficile dans une société d’agités perpétuels - , et qu’éventuellement , selon les pratiques , le pratiquant se concentre sur la circulation de l’énergie elle-même .
Prenons un exemple : en position debout , je lève mes bras latéralement tout en remontant un peu sur mes genoux qui étaient légèrement fléchis ; en même temps , je me concentre sur l’extrémité de chaque doigt , point de terminaison ou de départ des méridiens d’acupuncture sans m’occuper de quoi que ce soit d’autre .
Ce qui est le plus étonnant , c’est au moment où des adeptes qui ne connaissent rien aux circuits découvrent un trajet qui correspond parfaitement à celui d’un méridien .
En dehors des séries générales – on appelle série un enchaînement de mouvements qui rappelle généralement celui d’un animal , d’un oiseau ou d’un élément de la nature dont les taoïstes ont toujours été de grands observateurs et de parfaits imitateurs – la pratique du QI GONG comprend des exercices d’auto massage , de mouvements très lents et précis , de respirations , d’étirements , de sons , qui vont être appliqués , quant à eux , en fonction d’un diagnostic de médecine occidentale ou de médecine chinois pour traiter par exemple le diabète , l’hypertension , l’asthme , la myopie , la surdité , les séquelles d’un infarctus , la colite , l’anxiété , l’insomnie , l’impuissance , des règles douloureuses ou irrégulières , etc .
Ou bien , au vu d’un catalogue de maux disparates , ou très particuliers , l’on peut être porté à établir le diagnostic de la médecine traditionnelle chinoise : excès de Yang du foie , ou vide du QI des reins , ou blocage du méridien de la rate , ou vide et froid du poumon , etc . Ceci est de l’ordre du QI GONG médical .
Prenons un exemple : une femme souffre à la fois de règles douloureuses , de migraines , de spasmophilie et d’allergie répond , selon les canons du diagnostic de la médecine chinoise , à un déséquilibre spécifique de l’énergie du foie .
Il va de soi qu’un sujet en bonne santé ne choisira pas une technique spécifique de mouvements , mais une série générale . Par contre , une personne souffrant de maladie pourra indifféremment
Choisir une série générale de mouvements , et une série spécifique à sa pathologie ; et m^me combiner les deux . C’est l’Enseignant qualifié qui lui indiquera les mouvements à pratiquer .

 

 


 

Quelle différence y-a-t-il , finalement , entre les exercices de QI GONG pratiqués dans un but thérapeutique pour se soigner , guérir d’une maladie , et les exercices de développement personnel ?

Aucune ; la seule différence est dans l’intention mentale de l’adepte . Car ce qui compte vraiment , ce qui domine , ce qui est déterminant dans la pratique du QI GONG , c’est l’intention mentale . Sur une culture de cellules cancéreuse , en laboratoire , des maîtres de QI GONG émettent l’énergie par les mains en se concentrant pour développer la culture . Et la culture se développe . En se concentrant pour détruire cette culture , les cellules meurent . Ainsi , pour soi-même , on peut pratiquer le QI GONG pour guérir . Lorsque l’on est malade , c’est la plus grande motivation .
Lorsque l’on est en bonne santé , on peut pratiquer une demie heure ou une heure par jour afin de se maintenir en bonne forme , et se défaire de la « maladie du siècle » : le stress et de ses conséquences , des pressions sociales , du poids du groupe humain et de la détérioration écologique du milieu dans lequel on vit . Et les résultats , attestés par les pratiquants , sont remarquables .
Le dernier rapport du médiateur de la république ( fin 2010) conclut : « jamais l’engagement individuel et collectif n’a été aussi nécessaire , jamais le découragement et la lassitude n’ont été aussi grands .On ne croit plus à la protection du contrat social , on est pessimiste sur son sort et celui de ses enfants , il y a une désespérance qui tarit tout projet de vie . »
C’est pourquoi les vertus de la pratique du QI GONG vont servir à renforcer sinon à allumer un projet de vie ; lorsque l’on est motivé sur le plan du développement intérieur , le pratiquant devra orienter et diriger son heure de pratique de toutes ses forces vers ce but . Et si la pratique est bien tendue vers ce but , et surtout régulière et quotidienne , le changement va se produire .
Il nous faut aborder la qualité de la pratique : on peut pratiquer à deux vitesses selon l’intensité de sa passion , de sa recherche personnelle ; ou simplement pratiquer pour un « petit entretien » du corps plus ou moins quotidien . Ce qui nous intéresse ici , c’est la pratique « à deux vitesses » ; la pratique « molle » n’entrant pas dans le champ de la rigueur , du grand degré de conscience , d’une attention de tous les instants , des pratiques de visualisation et des différentes respirations .
C’est donc une chose de consacrer vingt minutes ou une demie heure par jour pour pratiquer quelques massages , quelques respirations , et quelques mouvement s ; c’est autre chose de consacrer une à deux heures par jour et même plus , dont trente minute au moins en travail debout immobile , suivi de trente minutes en travail assis pour des pratiques alchimiques , pratiques que nous aurons l’occasion de développer plus avant . Ce qui est une pratique d’entraînement que tout professeur digne de ce nom devrait respecter , bien qu’il doive pratiquer en profondeur et en très grand état de conscience pendant au moins trois heures , surtout lorsqu’il s’agit de pratiques alchimiques pour lesquelles le temps humain n’est plus de mise . Ce qui explique l’importance de la notion de longévité des pères taoïstes : on a besoin de l’espace temps pour pénétrer les sphères les plus subtiles de notre corps . Donc il est nécessaire d’aller bien au-delà du temps de vie moyen de l’homme .
Toutes les capacités spéciales développées par le QI GONG , ainsi que les changements profonds sont , pour la plupart , consécutifs à ce type de pratique . Et les élèves sentiront plus au moins confusément selon la densité de leur propre pratique la qualité de présence intérieure que dégagera l’Enseignant ainsi préparé .
 Que ceux qui ne veulent pas s’engager dans un tel processus , mais simplement pratiquer « pour le bien-être » , ce que j’appelle la pratique sans engagement personnel ,ne s’inquiètent pas ; il ne va leur arriver rien d’extraordinaire ; ni d’étrange ni d’inquiétant !

 

 


 

Il est difficile de comprendre le lien entre QI GONG et art martial , QI GONG et TAI JI QUAN . Quelques éclaircissements seraient nécessaires .

Le TAI JI QUAN ou boxe de YIN YANG , ou boxe de l’Ombre est un art martial exécuté au ralenti . Les maîtres se cachent pour travailler à vitesse normale pour ne pas montrer les secrets de leur pratique On est peut être maître , mais on n’est pas moins homme velléitaire . Mais ceci se passe en Orient .
Le QI GONG est , quant à lui , une gymnastique de longue vie et un art spirituel . Toutefois , la véritable pratique du TAI JI QUAN est un QI GONG pour lequel par lequel on maîtrise son énergie pour le combat en vue de projeter l’adversaire hors de son propre champ d’action . C’est pourquoi on pourrait dire que le TAI JI QUAN est un QI GONG martial .
Afin d’atteindre ce but , l’adepte doit pratiquer une forme d’exercice très spécifique au QI GONG , la position debout immobile de méditation , d’enracinement de l’énergie et de développement de la vitalité . Cette position est l’apanage du QI GONG .
Selon l’exigence propre à chacun , on la pratique quotidiennement entre dix , vingt , trente minutes . , voire une heure ou plus . Cette position développe la puissance au combat en fortifiant le centre d’énergie situé sous le nombril que les Chinois , créateurs de cette technique , nomment DAN TIAN , et les Japonais HARA .
Par le mariage harmonieux de cette posture , des exercices en mouvement de QI GONG , ou tout simplement par la répétition des mouvements d’attaque et de défense du TAI JI QUAN , la circulation de cette énergie s’intensifie dans tout le corps . L’intensification de cette circulation produit peu à peu des capacités particulières . Les grands maîtres de TAI JI QUAN vont utiliser cette énergie pour projeter l’adversaire sans le toucher , et vont développer leur intuition pour deviner le moment précis de son attaque .
Alors que les experts en QI GONG médical vont utiliser cette énergie pour la projeter d’une manière douce dans le corps du malade pour le soigner et obtenir des rémissions thérapeutiques quelquefois spectaculaires .

 

 


 

Y-a-t-il une différence entre le magnétisme et l’énergie émise par la main d’un adepte de QI GONG ?

 

 

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De nos jours on parle beaucoup de soigner avec les mains , de channeling , etc. « Il suffit de se brancher , d’être initié » dit-on . Souvent ces pratiques non contrôlées par des mouvements dont les règles ont été régies par des experts tombent dans le domaine de la domination de l’autre , ce qui déclenchent des réactions sectaires surtout lorsque ces manipulations sont exercées sur des êtres faibles ou temporairement en état de faiblesse suit à des accidents de la vie par des personnes dénuées de l’humilité nécessaire .
Certes , il y a des possibilités de cette sorte en QI GONG . Mais le corps humain , entraîné par la pratique du QI GONG agit comme un compresseur . La différence qui existe entre la force curative de l’énergie curative de l’énergie d’un magnétiseur et celle qui est émise par un grand expert de QI GONG est la même qu’entre le débit de l’eau d’un robinet et la force de l’eau à la sortie d’un pistolet « karcher » .
Plus l’adepte s’entraîne , plus grande sera l’intensité de son QI . En Chine , l’émission d’énergie par les experts est utilisée dans les hôpitaux afin d’accélérer la rémission des personnes paralysées , hémiplégiques ou paraplégiques d’origine neurologique ou vasculaire .
Aucune tricherie n’est possible : ou le malade est capable de quitter son fauteuil , ou il reste cloué sur son fauteuil .


 

Comment l’entraînement en QI GONG peut-il développer ces capacités ?

 

 


Les exercices pratiqués debout immobile , les exercices en mouvement , les exercices de respiration développent progressivement l’impression d’une certaine forme de perméabilité du corps , de transparence . Le pratiquant est invité à ressentir la nature , non seulement à travers la sensation pur et simple de bien être que nous connaissons tous à son contact , rivières , arbres ,bord de mer , végétaux de toute sorte , forêts , montagnes , même des pierres , des rochers , mais encore à ressentir « son énergie » .
Pour le Taoïsme , cette énergie existe de façon quasi « matérielle » , que ce soit « l’énergie du lieu » - d’une montagne , d’un arbre , d’une prairie ,de la mer du ciel , du soleil , de la lune , ou encore du désert – ou même celle d’un être parfaitement naturel , c'est-à-dire , si l’on y réfléchit , l’être humain lui-même .
En se connectant avec l’énergie de la nature , les exercices développent la capacité d’échanger avec le milieu , d’inspirer et d’absorber l’énergie extérieure , d’expirer en laissant sortir l’énergie usée . C’est comme si , progressivement , on développait la capacité d’être « sur la longueur d’onde » d’un arbre , d’un lieu , pour s’en nourrir et s’en purifier dans une relation d’amour quasiment physique , mais aussi spirituelle et contemplative .
Lorsque l’on se place sur la longueur d’onde de quelqu’un , on peut avoir l’intuition ou la télépathie de ce qu’il ressent , de ce qu’il est vraiment . Lorsque l’on se place sur sa longueur d’onde corporelle , on peut voir ce qui va ou ne va pas chez lui . On peut se placer sur la longueur d’onde de son corps énergétique ou de son corps spirituel . Et finalement il est possible de venir en aide à certaines personnes dans de nombreuses situations , et en tout état de cause de mieux communiquer , de mieux savoir qui est l’autre et de le comprendre : ou bien , si l’on se relie à la nature , de mieux connaître la nature « individuelle » de cet arbre ou encore de cet astre .

Dans cette approche prospective , on peut dire que le QI GONG développe le pouvoir chamanique de l’homme .

 

 

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N’y a-t-il pas un danger à développer de cette manière les « pouvoirs » au sens de l’exercice de la domination sur les autres ? L’égo de l’individu ne risque-t-il pas d’enfler démesurément ?

 


Je pense que oui ; mais ceci mérite un développement temporisateur .
Vis-à-vis de mes élèves , sur ce sujet , j’ai une attitude très précise : c’est de ne parler de ceci que sur le plan concret du travail . Dans la plus grande simplicité . Car , avant tout , il convient de travailler et de se développer , de commencer par sentir et avoir confiance . Je pense qu’il n’y a aucun mal en soi à faire grandir l’être intrinsèque qui est en nous – l’être ni nu ni vêtu comme dit la Bible – dans toute sa capacité de pouvoir . Mais ce « pouvoir » n’est pas à confondre avec la domination sur les autres , répétons le .

C’est ainsi que pensent la Tradition chinoise – ternaire : bouddhiste , confucéenne et taoïste – et celles , entre autres , des chamanes indiens d’Amérique du Sud et du Nord . Il s’agit avant tout de laisser les sensations , les perceptions s’accomplir en soi ; sans les rechercher fébrilement , ce qui est un signe d’avidité et de névrose de l’égo , ni , inversement , de les rejeter .

Lorsque certaines capacités apparaissent , et si l’on fait beaucoup de bruit autour et si l’on veut absolument se jeter sur tout le monde pour soigner , lire l’aura ou les vies antérieures , tout ceci est taxé de suspicion de « matérialisme spirituel » selon l’expression du maître tibétain Chögyam Trungpa . Il faut inviter très énergiquement ce genre de personne à s’interroger sur la motivation cachées en elles qui les pousse à s’exhiber . Quel manque d’amour et de reconnaissance , ou quel type de déviation narcissique se cachent sous cette agitation de vouloir « toucher tout le monde » .
C’est un service à rendre à cette personne pour lui montrer ses excès qui vont à l’encontre du respect profond de l’autre que l’on doit montrer ou mieux faire sentir . On peut le faire avec tact , générosité , même avec humour , et bien sûr sans agressivité . D’ailleurs , si nous montrions une once d’agressivité ou notre agacement dans cette intervention , ceux-ci seraient eux-mêmes révélateurs de notre propre carence d’amour et de tolérance vis-à-vis de cet « autre » .

Ainsi peut-on aider parfois des personnes à faire le passage de cette identification à la valorisation , en défaisant le nœud affectif sous-jacent .

Il existe des personnes qui ont la chance de se « diminuer » , c’est-à-dire de diminuer la dictature de leur égo par la pratique : celle qui ont peu de karma – les conséquences de leurs vies antérieures agitées – peu de nœuds à dénouer dans cette vie , peu de problèmes psychiques ou affectifs .

D’autres , par contre , ont une nature malchanceuse d’avoir tendance à « s’enfler » suite à la pratique , qui consiste à augmenter le terrorisme de leur égo , soit par inhibition , angoisse , peur ; elle inventent toutes sortes de raisons pour freiner le changement , diminuer ou même d’arrêter la pratique . Inversement d’autres , par mégalomanie , identification excessive paranoïa , orgueil , exhibitionnisme excessif aboutissent à ces mêmes extrêmes .

Je me rappelle qu’à l’époque où j’étais interne dans un hôpital psychiatrique , une patiente s’était mise à délirer par la simple lecture d’un livre du sage indien Krishnamurti « Se libérer du connu » . Si selon un des aphorismes connu « Quand le disciple est prêt , le maître paraît » , on pourrait pasticher en disant « lorsque le fou est prêt , le délire est là » . J’ai été le témoin de délire aussi bien par des pratiquants de Yoga , de Zen ou de bien d’autres pratiques .

Je pense que chacun d’entre doit être vigilant , lucide , humble sur notre propre attitude et sur celle de nos compagnons de route . Il est possible , et même quelquefois urgent dans certains cas extrêmes pour « déciller » la personne sur son état , de tenter de « remettre les pendules à l’heure » en lui offrant le miroir de ce qu’il est réellement dans la vie , dans la simplicité du quotidien .

Le grand danger de la pratique du QI GONG ne réside pas , selon moi , sur le plan de l’égo , que le pratiquant dans les possibles pouvoirs qu’il développe . Car ce « développement » nécessite une grande assiduité dans la pratique . Et c’est justement là que se situe une force , celle du mérite , de la discipline qui vient contrebalancer le résultat s’il est excessif . Ceci nous rend modestes , humbles ; car chaque pratiquant assidue sait que les progrès sont lents , laborieux si l’on se compare aux plus avancés parmi nous .

Le seul danger qu’il convient donc , à mon avis , de signaler , réside dans les sensations fortes de circulation de l’énergie dans le corps , dans les phénomènes particuliers des mouvements involontaires , de sensation de chaleur , de pulsation , ou bien la perception d’images , de visions . Tout ceci représente les « frottements » de l’énergie de l’énergie pure dégagée par la pratique , les réaction de l’énergie dégradée non purifiée de nos centre d’énergie ; ou plus encore du corps physique lui-même et de ses intoxications , de ses blocages , aussi bien physiques , qu’émotionnels et psychiques .

S’attacher à ces phénomènes et en tirer gloire ou auto satisfaction équivaut à l’ingénuité de l’enfant fasciné par les feux d’artifice . Ces phénomènes doivent être considérés à la fois avec sérieux et humour . Avec sérieux pour les apercevoir et les laisser passer comme des nuages dans le ciel , comme les pensées pendant la méditation ; avec humour en réalisant combien l’énergie est fantaisiste dans ses manifestations et s’en amuser . Car il ne s’agit pas de bloquer le phénomène , il procède du même ordre ou presque que le phénomène de perception extra-sensorielle qui va s’éveiller par la suite ; mais il ne convient pas d’en être la victime comme sous état d’hypnose ou de transe ; « LE YI ,LA PENSEE DOIT DIRIGER L’ENERGIE » et non pas l’inverse .

S’il est parfois utile de laisser le corps bouger au gré de l’énergie , ou trembler par son réveil , il faut conserver , cependant , le contrôle . Se mettre en état de danse de Saint-Guy toutes les fois que l’on pratique le QI GONG est suspect . L’énergie n’est pas si facilement farceuse . Entre les deux , le farceur… ou plutôt le dindon , est bien celui auquel on pense . Je suppose que votre vision d’un maître spirituel taoïste n’est pas celle d’un individu qui se contorsionne , hurle , se roule par terre , se lève , se déshabille et « imite le son du cor au fond des bois » ou celui du perroquet sur son perchoir ; je ne vous tromperai pas , vous avez raison .

On peut se demander par quels mécanisme de pouvoir certaines personnes le livrent à de telle pitreries en nommant cela QI GONG . Et surtout comment des pratiquants ont la naïveté de se laisser prendre à un piège aussi grossier .

J’ai envie de dire que la saveur du véritable QI GONG taoïste est totalement à l’opposé : pratique de mouvements lents , fluides , contrôlés , au cours desquels notre respiration s’unit au geste , et de là naît la sensation de l’énergie , car , à cet instant , si l’on est attentif , la sensation de l’énergie se révèle à nous : puis notre conscience s’unit à la respiration et au geste , et par là même notre conscience , notre aspect mental , psychique s’unifie à l’énergie . Nous pouvons alors connaître ces moments d’agréable flottement pendant lesquels nous ne savons plus si nous sommes l’énergie , ou si l’énergie est nous . Enfin notre conscience , unie à l’énergie , se réunit à au reste de l’univers . On ne sait si la liaison se fait comme une parcelle d’énergie unie à l’énergie cosmique , ou comme une parcelle de conscience unie à la conscience universelle . Peu importe d’ailleurs , cela semble revenir au même . Osmose est le mot qui vient à l’esprit en voyant un adepte pratiquer dans la nature .

Redisons-le : le QI GONG c’est « la maîtrise du souffle » . Rencontrer l’énergie est une expérience ; la laisser occuper l’espace de notre corps , de notre conscience se fondre , s’unifier à elle en est le prolongement . Grâce à la connaissance du souffle , du QI , l’on connaît sa propre nature . Mais pour en devenir maître , par définition il faut « maîtriser » . LE MAITRE PEUT S’ABANDONNER , MAIS IL NE SE PERD PAS .

Une belle phrase taoïste illustre le chemin : « Les petits mouvements sont plus efficaces que les grands mouvements : l’immobilité est plus efficace que les petits mouvements, c’est lemouvement éternel »  

 


 

Sur quels fondements reposent les effets spirituels du QI GONG ?

 

 

 

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Sur la méditation , ou plutôt ce que les Chinois appelle ZE GONG , le QI GONG assis . C’est la partie technique du QI GONG dont nous n’avons pas encore parlé . En effet : massages , sons thérapeutiques , positions debout immobile et mouvements se complètent , dans une pratique bien comprise de QI GONG , par la méditation ou les exercices assis .

Le temps accordé au travail assis devrait être d’un tiers minimum de temps total de la pratique du QI GONG . Ceux qui négligent le travail assis de maîtrise de l’énergie ou de quiétude mentale s’exposent à une insuffisance de purification de l’esprit par rapport à l’énergie considérable qu’ils développent en eux et aux pouvoirs lorsqu’ils se développent . Là réside une cause de déviation due à une discipline mal équilibrée . Car le QI GONG est susceptible de transformer spirituellement le pratiquant assidu . Encore faut-il y consacrer du temps et faire ce qu’il convient .

De fait , les effets spirituels du QI GONG reposent sur la transformation de l’énergie vitale que l’on a cultivée dans les exercices précédents , en énergie spirituelle par la pratique assise . Les Taoïstes nomment cela « l’alchimie interne » dans laquelle l’énergie vitale JING , cultivée au niveau du DAN TIAN est transformée au niveau du cœur et transmutée en énergie spirituelle au niveau du troisième œil – au niveau du milieu des arcades sourcilières . Ces trois centres représentent le corps énergétique simplifié des Chinois par rapport aux sept chakras indiens .

Ce que je trouve fondamentalement sain dans le QI GONG  , et ceci fait également penser au Hatha Yoga , c’est que l’on part d’une base physique et concrète pour accomplir le spirituel .

Dans le QI GONG , l’énergie vitale accumulée est tellement forte , puissante , que si les exercices appropriés de transformation sont bien suivis , le résultat est presque certain , et même garanti . Bien entendu , au stade du début des pratiques , ces techniques « déménagent » et bousculent le pratiquant . La puissance de circulation de l’énergie dans le corps est une bioénergie « à la dynamite » . Selon mon expression favorite , « nœuds de QI , nœuds de psy » : faire exploser les barrages d’énergie , c’est libérer les nœuds psycho affectifs enfouis , engrammés , et une décharge émotionnelle s’ensuit le plus souvent .

A ce stade de la pratique , quoique de façon non systématique , l’aide d’un guide , d’un thérapeute – très clairement et très précisément d’un psychothérapeute professionnel qui ont suivi un cursus de psychologie ce qui évite bien souvent de se trouver face à des mystificateurs , des amateurs , des pseudo connaisseur du pathos humain – peut s’avérer très utile . Il ne faut pas avoir honte de recourir à l’aide objectivante de quelqu’un d’autre , de quelqu’un d’extérieur à soi . Mais en évitant à la fois la soumission , la dépendance quelque fois discrète et imperceptible , et le transfert de ses propres affects sur celui qui aide . Si c’est un bon technicien , bien formé , il évitera ce piège .

Mais s’engager sur le chemin spirituel et pratiquer assidûment avec sincérité ne garantit pas la « clarification automatique » . Si notre névrose est profonde , nous ne tirerons pas avantage à tenter de la sanctifier . Sanctifier sa névrose , c’est comme passer nos ordures à la dorure . Ceci peut constituer une œuvre d’art punk , temporairement , mais très vite l’odeur va devenir insupportable .

Il convient par contre de remarquer un état de fait très original : la pratique du QI GONG facilite la libération des nœuds psycho-affectifs en élaborant un état de quiétude mentale , j’irais jusqu’à dire de quiétude physique , tant tout ceci est dense , et notamment grâce au travail debout immobile des positions d’enracinement . IL NE S’AGIT NULEMENT D’UN ETAT D’ANESTHESIE , D’AMNESIE OU DE FUITE DES EMOTIONS , mais d’une distance très particulière qui s’installe , comme une diminution naturelle du processus d’identification , lorsque l’on habite à l’étage de la paix du corps ce que les techniques d’enracinement procurent et que je n’ai pas trouvé de façon aussi évidente dans d’autres pratiques . La sensation interne de puissance , de confiance en soi , d’ »invulnérabilité » que peut procurer la pratique des arts martiaux accessibles en occident – aïkido , judo , karaté , taïwando , et toutes les déclinaison des budo – est ce qui s’en approche le plus .

La phrase suivante d’un maître de QI GONG est explicite : « Être perturbé par ses émotions est la preuve flagrante d’un manque d’énergie » .

Une pratique de QI GONG régulière et bien accomplie démontre aisément la réalité et l’exactitude de cette formule lapidaire . La plupart des étudiants de l’Institut européen de QI GONG que je dirige l’éprouvent .

Ainsi le QI GONG , dans les débuts d’une pratique soutenue et régulière , procure les effets suivants : tranquillité , assurance et sérénité , distance vis-à-vis des émotions , tout en favorisant l’émergence de traumatismes psycho-affectifs enfouis dans l’inconscient et engrammés dans notre cuirasse énergétique selon l’expression de Wilhelm REICH qui a produit de nombreuses études de psychologie .

 Ces conditions de catharsis sont parmi les meilleures . Tant en France , qu’en Italie , au Brésil ou ailleurs , j’ai eu à exprimer cela face à la demande spontanée et intuitives des psychothérapeutes professionnels , des psychiatres , et psychanalystes venus s’initier à notre Art . Un groupe de Gelstalt d’un pays voisin s’intéresse maintenant à suivre ce parcours .

Donc , réciproquement , le QI GONG pourrait bénéficier aux patients en cure de psychothérapie , mais aussi aux thérapeutes professionnels eux-mêmes , selon leur propre avis . Sans compter que dans ce processus de clarification , l’acupuncture bien employée , selon les règles très précises de la Médecine traditionnelle chinoise et avec un personnel très qualifié – ce qui fait partie du QI GONG médical autorisé aux seuls médecins ou professionnels de la santé – est en mesure d’aider énormément la catharsis .

 


 

Vous parlez d’énergie vitale qui se transforme en énergie spirituelle au cours de la pratique . Qu’entendez-vous par « énergie spirituelle » ? N’y a-t-il pas là une contradiction dans les termes ?

 

 

 

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Le processus alchimique du QI GONG est le suivant , exposé brièvement : l’énergie vitale – JING- assimilable d’ailleurs pour une part à l’énergie sexuelle , et donc à la libido , est élaborée physiologiquement par tous les organes et stockée dans les reins , en rapport avec les organes génitaux , le DAN TIAN et le périnée .
La description de ce processus , selon les termes de la Médecine traditionnelle chinoise, est beaucoup plus élaborée . Mais elle suffit à cet exposé .
L’élaboration de cette énergie est accrue à une puissance proportionnelle à la régularité et à l’intensité des pratiques de QI GONG auquel l’adepte se livre .
Puis cette énergie sublimée en énergie spirituelle au cours des exercices comme ce qui se passe dans un alambic lorsque l’eau est portée à ébullition et devient vapeur ; et que s’en extrait les principes subtils , par exemple l’essence d’une plante .Si l’on refroidit cette vapeur sur de l’huile dans un flacon et que l’on bouche celui-ci , l’essence subtile va s’enfermer dans l’huile qui devient alors une huile essentielle . Débouchez le flacon et vous sentez alors cette essence très volatile contenue dans l’huile

Ainsi le JING , cette énergie vitale est transformée en SHEN , énergie spirituelle , ou si l’on préfère « principe spirituel » . Plutôt que de parler d’essence aromatiques , il faudrait ici parler de lumière : alors la métaphore devient plus claire , plus lumineuse et se rapproche en cela du phénomène de l’éveil tel que traité dans le bouddhisme .

Pour les Chinois , le SHEN est quelque chose de dense . Cette énergie spirituelle serait assimilable à un corps d’énergie puisque le SHEN peut sortir du corps et visiter les sphères spirituelles supérieures

Mais nous ne sommes pas arrivé au bout de notre expérience , tellement elle est riche , profonde et subtile . C’est pourquoi les Taoïstes insistent tant sur la notion de longévité nécessaire pour avoir le temps de mettre ce processus en route sans toutefois être certain d’aboutir à l’Eveil .

Les taoïstes disent que la nature du SHEN est la même que celle de l’univers , du TAO . . Et cette nature est le vide , WU , équivalent à SUNYATA chez les bouddhistes .

L’être accompli , l’être véritable , - les bouddhiste parle du « réalisé vivant » - le REN JEN , ou l’homme noble , selon la traduction qui est donnée dans le YI KING , réalise la nature vide de son SHEN et se fond dans le Vide absolu . Tel est le chemin spirituel exprimé par les Taoïstes . Comme on le voit , c’est continuité naturelle entre les pratiques corporelles et les exercices de l’esprit , les mouvements , les positions debout , le travail assis d’alchimie ou encore la méditation sur le Vide .
On est loin de la césure complète entre corps et esprit de notre civilisation judéo-chrétienne.

Au début du processus , le corps se purifie des traumatismes de cette vie , mais aussi du karma des vies passées . Mais déjà à ce stade , par le seul travail d’enracinement et de développement de l’énergie vitale , une transformation automatique , involontaire , s’opère de JING en SHEN , d’où cette distance vis-à-vis des émotions , sans agir par contrainte d’aucune sorte et sans les éteindre . Chemin faisant , l’investissement personnel dans l’action de tous les jours diminue , la distance naturelle et sage s’installe , attitude que les Taoïstes appellent le WU WEI , le non agir , l’action sans attachement personnel au résultat .

Finalement la diminution de l’égo , sa dissolution se feront naturellement , comme résultat naturel d’une pratique devenue naturelle bien intégrée , comme le sucre fond dans l’eau .

Voilà pourquoi la pratique assise est utile : pour équilibrer le moi lorsque l’énergie vitale est forte et lorsque les pouvoirs se développent . Ceci apporte un « contre-pouvoir » et verticalise la recherche .

Les taoïstes ont un sentiment profond envers la Nature et sa perfection . Ils considèrent que la nature est sage et en équilibre . L’homme doit donc se conformer à elle , et s’y fondre .
Ceci est vrai physiquement par l’intermédiaire de la pratique du QI GONG . Lorsque l’on pratique une méditation avec la lune , avec la montagne , avec les étoiles , un arbre , ce sentiment de fusion est poussé très loin , mais dans un contact naturel , une fusion harmonieuse de soi avec la nature . Le Soi n’est plus « prioritaire » ni même ce que le « soi » peut ressentir . La fusion s’accomplit jusqu’à un certain point , au-delà même de notre effort volontaire .

Cette pratique régulière nous transforme en personne transparente , en résonnance avec le monde , en synchronicité , en symbiose avec celui-ci . Mais il en est de même avec la nature propre de chacun . Le TAO nous invite à nous connaître et à nous respecter , sans tenter d’imiter un modèle ou un stéréotype . C’est comme si vous pouviez voir votre propre nature vous tendre les bras comme un fiancé ou une fiancée accueillants .

Parmi les êtres humains , il existe des natures comiques , d’autre sérieuses , d’autres impulsives , d’autres réservées : peu importe , soyons réellement ce que nous sommes vraiment .

Quelle que soit notre nature , la joie , l’humour et la sérénité semblent être les conséquence de ces retrouvailles ; et , soyons prévenus , lorsqu’on ne peut plus se retenir , on éclate de rire … lorsque chacun de nous retrouve ce qui est réellement son cheminement , sa voie . C’est pourquoi dans tous les lieux de stage où il y a à la fois des pratiquants de QI GONG et d’autres disciplines d’approfondissement , les pratiquants de QI GONG se distinguent par leur joie , leurs rires , leur manière de prendre leur vie à pleine main , bref leur expansivité bruyante et libérée .

Par ce cheminement où il nous est possible d’apercevoir , quelle que soit notre nature personnelle , que notre nature profonde est réelle , celle de notre SHEN comme celle du TAO , est de la nature du Vide , le WU .

 Zhuang Zi ( comprenez TCHANG TSEU ) , au chapitre VI de son livre – appelé par les chinois le THOUANG-TSEU énonce  : «  Les poissons naissent et vivent dans l’eau , dit K’ong Tseu , comme les hommes vivent et naissent dans le TAO . Ceux qui naissent et vivent dans l’eau fouillent la vase et en tirent leur nourriture . Ceux qui naissent et vivent dans le TAO n’agissent pas et accèdent à la sérénité . Ainsi il est dit : « les poissons s’oublient les uns les autres dans les fleuves et les lacs , les hommes dans le TAO et sa discipline » Taduction de liou kia-hway docteur es lettres en Sorbonne revu par Paul Démiéville et Etiemble .

Quelle belle conclusion pour terminer cet exposé et ouvrir la voie de la pratique du QI GONG .

Celui qui pratique maintenant est-il un homme éveillé ou bien un dormeur rêvant ?

 

 

Entretien du Docteur Yves Réquéna parue dans la Revue Terre du Ciel ; ce texte a été revu selon les critères de l’élégance de la langue française et complété par des précisions du domaine du vécu et par des témoignage de « veilleurs de la Lumière » reconnus .
Le Docteur Réquéna est le Médecin officiel de la FEQGAE .

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  • : La relaxation anti-stress est un art de santé basé sur les mêmes principes que l'acupuncture et utilise des éducatifs du Qi Gong, Tai Chi, Dao Yin, etc. Il s'agit d'une gymnastique lente, accompagnée d'un travail mental d'attention, de détente et de respiration. Ses effets non seulement corrigent les blocages physiques, mais aussi pacifient les émotions, étroitement associées à nos organes. Son but est donc de rétablir dans le corps une circulation énergétique fluide.
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